De 1996 à 2001

La piste des malfrats locaux ne semble pas aboutir. Ce qui n'exclut pas l'implication de plusieurs individus de ces milieux.

Soit pour leurs propres comptes ou commandités.

Sans aboutissement, toutes les hypothèses doivent être envisagées. Si elles l'ont été, l'on peut se demander à juste titre pourquoi rien ne transpire. Pour la sérénité de l'enquête? les exemples qui foisonnent, nous démontrent souvent que le silence et le secret ne sont pas des garanties que la justice soit rendue, bien au contraire.

En 2006 nous en sommes au même stade.

La piste des malfrats locaux et toxicomanes

Une des hypothèses, avancée comme mobile du double meurtre est le vol d'armes. Soit pour les utiliser pour se défendre, soit les vendre ou les échanger pour se procurer de la drogue.

Pour se défendre:

il y a bien des circuits pour en trouver avec un peu d'argent et les dealers n'en manque apparemment pas.

Pour échanger ou vendre:

les armes peuvent être vendue ou échangées contre de la drogue. Dans ces conditions, perdre une arme qui représente une valeur certaine, dans la fuite, paraît étonnant. Il a été écrit que les assassins auraient fait preuve de fébrilité, de précipitation affolée. Nous en doutons un peu, car après avoir exécuté deux hommes sur lesquels ils ont tiré six coups de feu, ils ont pris le temps de les achever chacun d'une balle dans la nuque, de les avoir fouillés tous les deux et volé portefeuilles et papiers (pour quelles raisons ? ), comment se fait-il que ces tueurs n'aient pas pris trente secondes de plus pour ramasser, ce qui en principe avait tant de valeur au point de tuer deux hommes et d'être certains qu'ils soient réduit au silence? La clef se trouvait sur la porte du stand de tir, ils ne sont pas entrés. Pouvaient-ils savoir s'il y avait des armes ou non? pourtant aussi importantes soient elles, ils ne sont pas entrés!

L'enquête ne débouchant pas il est nécessaire d'orienter les recherches dans d'autres directions.

Bien évidemment, sans négliger d’autres pistes possibles, par exemple celles qui concernent les activités professionnelles d'un Capitaine de Frégate de la marine nationale que l'on vient d'assassiner, doivent logiquement faire que l'on se pose quelques questions et que celles-ci soient posées.

De 1996 jusqu’au début de l’année 2002 deux militaires en tout et pour tout ont été interrogés, les réponses n’ont rien apporté et ont paru suffisantes et convaincantes par les enquêteurs, eux-mêmes militaires.

Par contre à partir de Mars 2002, la reprise des interrogatoires de militaires par le SRPJ qui a succédé à la gendarmerie sur l’enquête, soulève d’autres questions pour lesquelles dans ma connaissance du dossier l’on n’a pas encore cherché de réponses.

La piste militaire

Monsieur François Picard était Capitaine de Frégate, pharmacien principal des armées, responsable de la surveillance des pollutions nucléaires en rade de Brest sans oublier quelques années passées à Mururoa.

...il était devenu un spécialiste de la chimie nucléaire et de la radio-protection. Brest, nucléaire: certains ont imaginé que ce scientifique détenait , peut-être, des secrets sur les sous-marins de l' Ile Longue, sur une pollution radioactive de la rade...

( journal Ouest France du 24/04/1997 )

De fait à cette époque, quelques évènements dérangeants pour la marine nationale surviennent à la pointe de Bretagne :

...Lors de travaux sur un sous-marin nucléaire, un ou plusieurs ouvriers sont irradiés en travaillant ( de juin 1996 à juillet 1997 ) dans la double coque du bâtiment . Les écologistes de Brest font le lien entre...

...cette éventuelle irradiation et l'affaire des têtes de missiles TN75, qui s'étaient montrées particulièrement radioactives en novembre 1996. L'affaire avait ému les syndicats à l'époque...

( Le Télégramme de Brest du 16-17/01/1999 )

L'information sur l'irradiation des ouvriers ne devait pas être rendue publique ?

...même si quelques brestois proches du dossier (celui du double meurtre), font remarquer, que le meurtre de François P... est survenu au moment précis où la CGT de l'arsenal de Brest révélait que plusieurs salariés avaient été irradiés en manipulant les fameux missiles nucléaires. Une information qui n'aurait jamais dû filtrer...

( Le Journal du Dimanche du 17 mai 1998 )

Par ailleurs, le 19 septembre 1996, le sous-marin nucléaire " Triomphant " perdait un missile, lors d'un essai de tir, qui s'abîmait en mer non loin de bateaux de pêche provoquant le mécontentement de patrons dont l'un précisait :

...C'est la seconde fois que ça arrive. Il y avait eu un premier missile détruit en vol au large de Penmarc'h, de nuit, on avait vu la lueur. Cette fois on a rien vu, mais il est tombé à un mille. On en a ras le bol. ça a failli nous tombé dessus! ...

( Ouest France le12 octobre 1996 )

...Depuis plus de nouvelles, la marine nationale ne souhaitait pas communiquer sur une affaire mettant en scène un matériel très sensible. ...

( Ouest France du 14 octobre 1996 )

Le 13 octobre 1996 François P..., Capitaine de Frégate, ainsi que Pol Creton étaient exécutés devant un stand de tir à Brest.

Pour ce qui concerne la vie de Pol Creton, il n'y a pas de zones d'ombre. Pas d'engagements politiques pouvant engendrer la suspicion; ses activités professionnelles ne concernaient, ni de près ni de loin, aucun domaine sensible et il n'avait aucune relation à la drogue et son milieu.

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